[DVD] Lady Vengeance
J'ai profité d'une semaine de vacances pour entrer dans une phase "frénésie de locations" et pour rattraper un certain retard filmesque, et ainsi voir (enfin) le dernier volet de la trilogie blablabla de Mr Wook, Park-Chan de son prénom. J'avais beaucoup aimé Sympathy for Mr Vengeance, sa noirceur, son humour désespéré, un peu moins apprécié Old Boy qui faisait un effet boeuf à la première vision et qui, comme un autre film généralement ultra-apprécié par les foules (le Volte Face de John Woo pour ne pas le nommer) dévoilait toutes ses grosses ficelles dégoulinantes à la revoyure. Trop écrasant, trop insistant, bref, too much. C'est donc mi-figue mi-raisin que j'abordais Sympathy for Lady Vengeance, ne sachant pas trop quoi en attendre. Pour, au final, ne pas trop savoir quoi en penser.
Exercice de style roublard ? Sans doute. Comme Old Boy le film est vénéneux, visuellement à tomber, plein de ces petites idées perveses et drôles qui font le sel non seulement du cinéma de Wook mais du cinéma asiatique en général. Des personnages jamais d'un seul tenant, un éventail de couleurs et de nuances qu'on ne trouve plus dans le cinéma occidental, cette manière de filmer et de rendre compte de la pourriture du monde, de ne rien simplifier, enjoliver, même derrière des effets de mise en scène maniérés et ultra-stylisés. Les gens sont complexes, rien n'est simple, mais Lady Vengeance m'a laissé sur une drôle d'impression. Venais-je de me faire mettre profond pendant 2 heures par le plus grand manipulateur du cinéma actuel, ou assister à un petit miracle filmique ? Film génial ou, à nouveau, petit choc éphémère qui perdra sa magie dès la deuxième vision ? Etait-ce une ppologie nauséabonde de la loi du talion et de la justice invididuelle façon Bronson ou, au contraire, un regard cynique, distancié et ironique sur la vengeance et cette hypocrisie monumentale qu'on appelle ici bas "rédemption" ?
Pour tout dire j'ai un peu peur de le revoir, de briser le charme, de découvrir les rouages, comme dans Old Boy, qui vont me faire dire "oh, là, mon coco, tu t'es fait baiser", qui vont montrer à quel point il en fait des tonnes. Quoi de plus agréable, en tout cas, que cet état d'hébétude, d'incertitude, après la vision d'un film, comme si le silence qui suivait était, lui aussi, toujours du Mozart. A ranger parmi les oeuvres qui, comme le Metropolis de Rin Taro, ou le Ghost in the Shell : Innocence d'Oshii, me laissent sans réponses. La seule chose qu'on ne pourra jamais enlever au film, ça c'est certain, même après 40 visions, c'est sa musique absolument sublime. Bonheur, elle est disponible en téléchargement le plus légalement du monde à cette adresse (rubrique "Médias").
En DVD : Vu sur le DVD de location, image impeccable, son superbe, malheureusement je n'ai pas pu découvrir la fameuse version "du réalisateur" qui vire progressivement en noir & blanc à mesure que Geum-Ja exécute son plan diabolique. Le coffret collector édité par HK Vidéo est paraît-il magnifique, mais comme je vous le disais, j'ai peur revoir le film et d'en éventer le souvenir...

Et encore un DVD disparu on ne sait où : l'exemplaire test de Phantom of the Paradise que devait me faire parvenir Opening n'est toujours pas arrivé une semaine après envoi. Non seulement cela retarde d'autant le test, mais j'enrage en me disant qu'un vil maraud peu scrupuleux l'a probablement fourré dans sa poche au passage. Y'a vraiment de ces cons. Ce qui fait vraiment triplement chier, en plus, c'est que ça soit Phantom of the Paradise, pas vraiment un film de daube. A choisir j'aurais vraiment préféré qu'on me choure une intégrale de Rhomer ou un Uwe Boll, ça leur aurait fait les pieds... :/
Vu les épisodes 3 et 4 de la série Masters of Horrors, à savoir ceux de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) et de Dario Argento (Suspiria), l'insupportable Dance of the dead et le plutôt pas mal Jenifer. Côté Hooper, donc, un salmigondis épuisant façon clip de metal bourrin, avec effets de montage et cadrages à faire passer Michael Bay pour un opiumane, histoire bordélique au possible, d'ailleurs vaguement inspirée d'une nouvelle de Richard Matheson, et gros problèmes de rythme qui foutent le tout par terre si le reste n'y suffisait pas. Ce qu'on se fait chier à essayer de rendre cohérent ce foutoir, c'est assez effrayant, bien plus que son histoire de monde post-apocalyptique et de zombies danseurs, à vrai dire. Comment cet épisode a pu être décrit comme l'un des meilleurs de la série, ça me dépasse, il me reste 8 ou 9 épisodes à voir et déjà c'est le pire - je vois difficilement comment faire plus confus, hystéro-jeunisant, et visuellement moche. Seuls trucs à sauver, un Robert Englund formidable (comme d'hab) et une jeune actrice au charme fort suave. Miam. Dans le coin droit du ring le poids lourd Dario Argento, alias la vieille star italienne décatie, ex-gloire du genre qui n'a rien torché de bien excitant depuis Ténèbres, au moins, ce qui ne nous rajeunit pas. Et malgré un scénario plein de trous (comment le perso principal peut-il s'attacher à cette mocheté aussi facilement ?), une muzak navrante et un maquillage particulièrement répugnant (mais là, c'est fait pour), l'épisode se suit agréablement. Y'a même deux ou trois scènes bien gores qui font plaisir, dont une gamine éventrée du plus bel effet. Non, je ne suis pas un pervers psychopathe réjouit par la vision d'enfants morts, mais dans une production télévisée américaine, quand bien même les réalisateurs ont eu une énorme liberté (sauf Takashi Miike qui ira donc voir ailleurs si ses délires y sont) ça surprend. Bilan positif, donc, surtout grâce aux acteurs, très crédibles, parce qu'on ne peut pas dire que Dario se soit particulièrement foulé au niveau de la mise en scène. Bref, on résume : le Coscarelli, sympa et nerveux; le Gordon, efficace bien que classique; le Hooper, moisi de partout; et le Argento, bien foutu et gore. Soit trois sur quatre, une bonne moyenne pour l'instant. Paraît que le Carpenter déchire tout, vivement. D'ailleurs,
Petit rattrapage ce soir avec le DVD de Steamboy, dernier long-métrage en date de l'auteur d'Akira, et quel long-métrage puisque le projet lui aura pris visiblement plus de 10 ans, l'idée originale remontant à 1994 et les premiers essais d'animation à 1995, juste après la sortie de Memories sur lequel Otomo fera d'ailleurs quelques expérimentations (mélange animation traditionnelle et images de synthèse) qui lui seront utiles pour la suite. Une découverte, donc, et une oeuvre au final assez étrange qui m'a laissé partagé. D'un côté c'est l'émerveillement perpétuel devant l'inventivité artistique et la splendeur visuelle (le steampunk, les décors de l'Angleterre du XIXème siècle, les machines à la Jules Vernes), de l'autre la perplexité face à une intrigue tarabiscotée qui va chercher ses racines on ne sait trop où - Otomo nous parle de science, de son impact sur l'humanité, mais je ne sais pas au final s'il veut nous mettre en garde ou flatter notre envie de progrès - et qui se perd dans des ramifications simplistes. Les poursuites à bord d'engin volants et les cascades dans une gigantesque structure sur le point de s'effondrer, aussi splendides soient les scènes graphiquement parlant (et encore je ne suis pas fan de toutes les incrustations de CGI), ça commence à faire sérieusement déjà vu.
Je viens de mettre en ligne sur Resetmag
Revu à l'instant en DVD, et bon Dieu de nardin de bordel de merde c'est toujours aussi bon *. Comme Hannibal, comme Hollow Man, Robocop 2 fait partie de ces petits plaisirs coupables que je chéris et que j'assume. Des oeuvres unanimement détestées que j'affectionne sans aucun cynisme, juste parce que c'est toujours un bonheur de les revoir. Un peu comme on se fait 15 fois Last Action Hero ou le Dernier Samaritain pour les dialogues, ou la poursuite dans le canal de T2 pour s'ébouriffer les yeux. Du plaisir en barre, sans complexes, et tant pis si c'est branlant de partout.


