Resetland

3.07.2006

[DVD] Chourez avec la Poste !

Et encore un DVD disparu on ne sait où : l'exemplaire test de Phantom of the Paradise que devait me faire parvenir Opening n'est toujours pas arrivé une semaine après envoi. Non seulement cela retarde d'autant le test, mais j'enrage en me disant qu'un vil maraud peu scrupuleux l'a probablement fourré dans sa poche au passage. Y'a vraiment de ces cons. Ce qui fait vraiment triplement chier, en plus, c'est que ça soit Phantom of the Paradise, pas vraiment un film de daube. A choisir j'aurais vraiment préféré qu'on me choure une intégrale de Rhomer ou un Uwe Boll, ça leur aurait fait les pieds... :/

3.06.2006

[TV] Masters of Horror

Vu les épisodes 3 et 4 de la série Masters of Horrors, à savoir ceux de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) et de Dario Argento (Suspiria), l'insupportable Dance of the dead et le plutôt pas mal Jenifer. Côté Hooper, donc, un salmigondis épuisant façon clip de metal bourrin, avec effets de montage et cadrages à faire passer Michael Bay pour un opiumane, histoire bordélique au possible, d'ailleurs vaguement inspirée d'une nouvelle de Richard Matheson, et gros problèmes de rythme qui foutent le tout par terre si le reste n'y suffisait pas. Ce qu'on se fait chier à essayer de rendre cohérent ce foutoir, c'est assez effrayant, bien plus que son histoire de monde post-apocalyptique et de zombies danseurs, à vrai dire. Comment cet épisode a pu être décrit comme l'un des meilleurs de la série, ça me dépasse, il me reste 8 ou 9 épisodes à voir et déjà c'est le pire - je vois difficilement comment faire plus confus, hystéro-jeunisant, et visuellement moche. Seuls trucs à sauver, un Robert Englund formidable (comme d'hab) et une jeune actrice au charme fort suave. Miam. Dans le coin droit du ring le poids lourd Dario Argento, alias la vieille star italienne décatie, ex-gloire du genre qui n'a rien torché de bien excitant depuis Ténèbres, au moins, ce qui ne nous rajeunit pas. Et malgré un scénario plein de trous (comment le perso principal peut-il s'attacher à cette mocheté aussi facilement ?), une muzak navrante et un maquillage particulièrement répugnant (mais là, c'est fait pour), l'épisode se suit agréablement. Y'a même deux ou trois scènes bien gores qui font plaisir, dont une gamine éventrée du plus bel effet. Non, je ne suis pas un pervers psychopathe réjouit par la vision d'enfants morts, mais dans une production télévisée américaine, quand bien même les réalisateurs ont eu une énorme liberté (sauf Takashi Miike qui ira donc voir ailleurs si ses délires y sont) ça surprend. Bilan positif, donc, surtout grâce aux acteurs, très crédibles, parce qu'on ne peut pas dire que Dario se soit particulièrement foulé au niveau de la mise en scène. Bref, on résume : le Coscarelli, sympa et nerveux; le Gordon, efficace bien que classique; le Hooper, moisi de partout; et le Argento, bien foutu et gore. Soit trois sur quatre, une bonne moyenne pour l'instant. Paraît que le Carpenter déchire tout, vivement. D'ailleurs, Cigarette Burns et Dreams in the witch house sortent en DVD le 13 mars prochain. C'est un zone 2 anglais, il faut que je l'annonce sur mon site. D'autres volumes devraient suivre, espérons une intégrale parce qu'à 15£ le DVD, ça va vite taxer.


  • Le site officiel de Masters of Horror
  • [DVD] Steamboy, Otomo met la pression

    Petit rattrapage ce soir avec le DVD de Steamboy, dernier long-métrage en date de l'auteur d'Akira, et quel long-métrage puisque le projet lui aura pris visiblement plus de 10 ans, l'idée originale remontant à 1994 et les premiers essais d'animation à 1995, juste après la sortie de Memories sur lequel Otomo fera d'ailleurs quelques expérimentations (mélange animation traditionnelle et images de synthèse) qui lui seront utiles pour la suite. Une découverte, donc, et une oeuvre au final assez étrange qui m'a laissé partagé. D'un côté c'est l'émerveillement perpétuel devant l'inventivité artistique et la splendeur visuelle (le steampunk, les décors de l'Angleterre du XIXème siècle, les machines à la Jules Vernes), de l'autre la perplexité face à une intrigue tarabiscotée qui va chercher ses racines on ne sait trop où - Otomo nous parle de science, de son impact sur l'humanité, mais je ne sais pas au final s'il veut nous mettre en garde ou flatter notre envie de progrès - et qui se perd dans des ramifications simplistes. Les poursuites à bord d'engin volants et les cascades dans une gigantesque structure sur le point de s'effondrer, aussi splendides soient les scènes graphiquement parlant (et encore je ne suis pas fan de toutes les incrustations de CGI), ça commence à faire sérieusement déjà vu.

    Mais où veut en venir Otomo ?

    Mon opinion va donc rejoindre tristement le consensus : visuel étonnant et détonnant, spectacle démesuré dans lequel on retrouve le talent incroyable d'Otomo pour nous pondre des images dantesques (l'apocalypse d'Akira, le final de Metropolis auquel il a contribué) mais un scénario maladroit qui n'exploite pas, à mes yeux en tout cas, tout son potentiel. Certains personnages sont mal dégrossis, et la relation Ray/Scarlett n'a pas cessé de me laisser interrogatif. Qui plus est la fin est abrupte et le film a de nombreuses cassures qui trahissent sans doute son développement compliqué (fondus au noirs et cliffhangers, presque à se demander parfois si Steamboy n'a pas été formaté pour une quelconque diffusion télé ou sous forme d'OAV), sans parler d'une censure qui rend le film beaucoup plus soft que les précédents travaux du mangaka. Le revers de la médaille de l'argent américain, probablement. Bien sûr ça reste plus que hautement regardable, ne serait-ce que pour le travail d'animation et les idées qui fusent durant toutes les scènes de l'assaut londonien - la tour Steam qui flotte sur la ville - mais tout ceci a pour moi beaucoup trop de réminisciences du Château dans le ciel de Miyazaki pour me convaincre totalement. Manque sans doute aussi un peu de cette délicate poésie que l'autre maître de l'animation nippone sait insuffler à ses créations, même si les oeuvres d'Otomo y gagnent en démesure et en puissance.

    Evidemment, je me suis demandé pendant tout le film s'il ne nous parlait pas de la Bombe (la vraie, l'atomique), même si le traumatisme d'Hiroshima et Nagasaki dans le cinéma nippon devient sans doute un cliché à force d'être systématiquement ravivé. Peut-être, après tout, qu'Otomo nous parle d'un sujet totalement différent. Il n'empêche que cette bonbonne de vapeur ressemble énormément à l'habitacle de métal qui enferme l'être suprème dans le souterrain d'Akira...


    En DVD :Vu sur le zone 2 français. Copie correcte sans plus, j'ai trouvé les couleurs assez ternes, la compression moyenne avec pas mal de tramage et de moirage (pas de pixellisation mais des blocs de lignes désagréables), les pistes sonores sont plaisantes et la VF plutôt bien foutue. Les bonus ne sont pas terriblement intéressants, par contre, mélange hétéroclite de documents japonais, d'un bout d'interview américaine, de dessins de pré-prod, de séquences d'animation en rough ou en animatiques, etc. Un tel projet - 10 ans, quand même ! - aurait mérité son gros doc de 2 heures.