Resetland

3.03.2006

[DVD] "Vous voleriez un sac à main, vous ?"

D'ailleurs, puisque nous parlions dans le billet précédent des disclaimers super ridicules des studios qui ne veulent surtout pas assumer des propos qui seraient trop licencieux pour les prudes oreilles de l'Amérique moyenne, le clip anti-piratage qu'on se tape désormais presque obligatoirement au début de chaque film a aussi le don de me gonfler prodigieusement. Passons sur la forme ridicule du machin, du pseudo rock et de l'assimilation du mec qui vole un film à un voleur de bagnole ou de sac à mains (à mon avis le vol de DVD aurait suffit et me paraît être le plus juste ou le plus équivalent), à qui s'adresse ce monceau propagandiste ? Aux gens qui achètent les DVD, et donc, probablement, ne piratent guère ? Ou à ceux qui piratent et qui, lorsqu'ils téléchargent l'ISO dudit DVD ou la version DivX du film échappent de toutes façons au message ? Non, mais, j'aimerais comprendre à quoi ça sert, à part me démanger la télécommande. A quand la chanson "Dérober c'est pas beau" dans l'autoradio à chaque démarrage de la bagnole, des fois qu'un vilain voleur vil et velu volerait le véhicule ?

[DVD] Test DVD Flight Plan (z1)

Je viens de mettre en ligne sur Resetmag le test du DVD zone 1 de Flight Plan, petit thriller aérien au concept super sympa - la fille de Jodie Foster disparaît en plein vol et on ne la retrouve pas dans l'avion - dynamité par la connerie d'un scénario qui accumule les poncifs et verse dans le n'importe quoi. Enfin bref, un film pas terrible en dépit de ce que la bande-annonce pouvait laisser supposer, et qui ne vous fera même pas passer un bon moment. Le zone 2 sort le 9 mai, pour ceux qui ont bien aimé, et ma boule de cristal me permet d'annoncer une édition 100% identique. Commentaire audio pas inintéressant à écouter, d'autant plus quand le réalisateur (Robert Schwentke, inconnu au bataillon, il faudrait que je me procure ses deux films allemands il n'est vraiment pas mauvais) se lâche un peu et sort - prudemment - du discours tout lisse. Enfin, c'est pas non plus du grand cynisme à la Carpenter ou à la McTiernan, faut pas déconner. Mais quand même, que c'est bon quand ils se sortent un peu les doigts du cul et du discours officiel - d'ailleurs vous avez remarqué comme les studios n'ont plus aucun courage de nos jours, avec leurs disclaimers trouillards au moment où on lance le film ? "Quoi qu'ils racontent, on est pas responsable". En même temps, je les comprends, après tout ils ne sont pas là pour véhiculer les idées. Que le grand mufti les en préserve.

3.02.2006

[DVD] Robocop 2 nettoie la banlieue au Kershner

Revu à l'instant en DVD, et bon Dieu de nardin de bordel de merde c'est toujours aussi bon *. Comme Hannibal, comme Hollow Man, Robocop 2 fait partie de ces petits plaisirs coupables que je chéris et que j'assume. Des oeuvres unanimement détestées que j'affectionne sans aucun cynisme, juste parce que c'est toujours un bonheur de les revoir. Un peu comme on se fait 15 fois Last Action Hero ou le Dernier Samaritain pour les dialogues, ou la poursuite dans le canal de T2 pour s'ébouriffer les yeux. Du plaisir en barre, sans complexes, et tant pis si c'est branlant de partout.

Robocop 2, donc. Bien sûr, le premier est un petit chef-d'oeuvre, personne n'enlèvera ça au film de Verhoeven. Basé sur un script de monsieur Frank Miller, largement retouché et édulcoré par le dénommé Walon Green, Robocop 2 nous dépeint une Detroit encore plus pourrie, délabrée et violente que dans le premier opus. Le chaos total dans les rues, l'anarchie, une ville où les voleurs eux-mêmes se font agresser à coups de talons dans les roupettes (si on ne peut plus violer et piller en paix, maintenant). On retrouve la patte Miller, l'ambiance des ghettos urbains en décomposition de Dark Knight Returns. Cain et sa bande pourraient tout à fait être le gang des mutants psychotiques opposés à Batman dans le comics, bien décidés à lui sucer les os. Bien sûr Miller a souvent renié le film, son script, ce qui ne l'empêche pas de faire un caméo dans le rôle de Frank le chimiste. Celui là-même qui concocte les différents parfums du Nuke, la drogue next generation qui envahit les rues de la ville. Juste retour des choses, Miller a fait en 2003 une version comic book de son propre scénario sous le titre Frank Miller's Robocop, cette fois sans que les cols blancs d'Orion ou d'ailleurs viennent mettre leurs sales pattes dans son histoire et édulcorer le propos.

Vaudrait mieux faire sortir le môme...

Miller oblige, Robocop 2 ne ressemble pas à la suite typique, le "plus de", même si on n'échappe évidemment pas à une certaine redite. Le film vaut beaucoup pour son affrontement final, version décuplée et hard boiled de la baston Robocop vs ED-209 du premier. Une séquence jouissive tout dans la surenchère où un robot géant décime des bagnoles de flics et des ambulances avec le canon fumant de sa mitrailleuse, pendant que Murphy lui grimpe sur le dos pour lui arracher le cerveau et le réduire en bouillie sur le bitume. Mais Robocop 2 c'est surtout extrêmement cynique, acide, un pétage de plombs destroy qui ne recule devant presque rien, nous montre un môme abject sauter à la gorge d'un flic et dealer de la drogue, la jouissance d'un robot accroc à la came, ou les suicides plein écran de deux prototypes qui ne supportent pas d'être des bouts de cadavres enfermés dans des boîtes de conserve. Sans parler des inévitables fausses pubs bien juteuses - le siège électrique antivol ou la crème solaire cancérigène - qui étaient déjà à crever de rire dans le premier épisode. Délires que l'on retrouvera plus tard dans Starship Troopers et ses faux flashes d'infos (rectifions à ce sujet un petit détail : ça n'est pas tant dû à Paul Verhoeven qu'au scénariste Ed Neumeier qui a écrit les deux films, d'ailleurs Verhoeven n'emploiera pas cette technique ailleurs).




Violemment fun et assez bourrin par moments, Robocop 2 n'a pas que des bons côtés : la mise en scène est souvent un peu molassonne et plan-plan (le shoot du début dans l'atelier clandestin est quand même aussi bandant qu'un gunfight de Kojak), le film reste soft malgré deux ou trois impacts bien saignants et une opération crânienne gouleyante, et si les effets spéciaux sont à la hauteur du talent de Rob Bottin (l'armure du cyborg et un faux buste avec la tête de Murphy super impressionnant) et de Phil Tippet (toutes les animations des robots en stop motion), on est en 1990 et quelques transparences bien pourries et plans composites moisis n'ont pas super bien traversé les âges. Qu'importe, Kersher a beau être déjà presque grabataire - 68 ans à l'époque le petit père - il compense par une cruauté bien jouissive, quelques scènes torchées bien comme il faut dans lesquelles Robocop s'en prend enfin plein la gueule et où les balles font des trous gros comme mes poings dans le métal, et met le paquet sur les petits détails à la con, comme l'icône-crâne qui remplace la petite pomme Apple dans le menu du robot-Cain. Faut voir notre tas de ferraille préféré se mettre à genoux pour déblatérer des proverbes aux gamins sous l'oeil médusé de la encore jolie Nancy Allen (pas encore passée en mode total-bouffie), ça vaut son pesant de boulons de 8. Le perso du maire péteux et les manigances de l'OCP sont géniales de mauvais goût, surtout quand l'élu imbécile organise une sorte de téléthon pour sauver sa ville de la privatisation avec un guignol contortionniste qui joue du violon avec la tête dans le cul. Mémorable. Tout est comme ça, dans Robocop 2, un bon gros mélange de premier et de second degré ravageur, des scènes destroy à la pelle, des personnages plus immoraux tu crèves, et un final qui râcle là où il faut et fait du bien aux noeuils. Bref, une vraie bonne suite à réhabiliter d'urgence, qui fait donc d'Irvin Kershner le réalisateur de deux des meilleures séquelles de l'histoire du cinéma. Ah, par contre, évitez le 3 comme la peste, pour le coup même fortement alcoolisé ou sous l'emprise du démon il est mauvais à manger de la merde.


En DVD : Le film est dispo à tout petit prix en DVD zone 2 chez MGM dans une belle copie pas trop dégeulasse (quelques petites taches toutefois) et une Stéréo potable qui rend justice au score "au mètre" de Leonard Rosenmann qui se débrouille pour réochestrer la superbe partition du premier volet, composée à l'époque par Basil Poledouris. On aurait aimé la full collector's edition avec transfert de ouf et suppléments à gogos - pourquoi pas le scénario original de Miller ? - mais on se contentera de cette édition potable. Y'a eu bien pire, au moins le film est visible dans de bonnes conditions.


* Une question que je me suis toujours posée : "Dieu" doit-il s'écrire avec une majuscule quand on est athée ?

[DVD] La Mouche SE

Terminé hier soir de regarder le disque de bonus de l'édition zone 2 de La Mouche, le petit film pas connu du tout de David Cronenberg (mais sans sa mèche). Y'a pas à dire, ils ont fait du bon boulot, enfin je parle bien sûr pour David Prior et son équipe qui ont torché un making of de près de 3 heures très intéressant quoi qu'un peu bordélique, et sans Cronenberg qui s'est contenté de faire le commentaire audio.

Le truc bête, c'est que j'avais aussi dans les mains le DVD collector de La Mouche II, une petite suite plutôt bis et sympatoche qui mérite sûrement pas toute la haine qu'on lui voue (être un "numéro II" derrière un chef-d'oeuvre ça n'est vraiment pas facile, demandez à James Cameron), mais avec le système de DVD presse de FPE qu'il faut renvoyer sous une semaine sous peine d'émasculation - "afin de conserver d'excellentes relations", qu'ils disent sur la pochette du DVD - j'ai pas eu le temps de tout regarder en détail. Bah, un sur deux, c'est déjà pas si mal.

Mais tout de même, quand on voit la jaquette française, et la jaquette américaine, y'a de quoi se poser des questions sur le "talent" de nos graphistes et artistes PAO. Remarquez, y'a un moment que j'en ai tiré mes propres conclusions : on se fout franchement de notre gueule.




3.01.2006

Open Bar

Parce qu'il fallait bien que cela arrive un jour, voici le blog, l'arrière cour du site Resetmag.com dans lequel je parlerai des petits tracas quotidiens liés au dur métier de "journaliste" - testeur de jeu, de DVD, critique cinéma, dans l'ordre que vous voudrez - de l'évolution du milieu multimédia vu par ma petite lorgnette. Infos décalées, annonces, commentaires désabusés et expériences multiples d'un vieux con déjà blasé de la vie. Mais non, je déconnais.